Pendant tout le mois d’Octobre, je réalise un exercice d’écriture (pioché dans le livre Écrire, un plaisir à la portée de tous, de Faly Stachak aux éditions Eyrolles) par jour en suivant les thèmes d’Inktober et en gardant une ambiance fantastique – horreur. La règle principale : 20 minutes d’écriture et 10 minutes de correction.
Jour 26 : Caméra
Exercice : écrire une première fois
C’était ma première nuit de boulot et je voulais que tout se passe bien. Même si ce n’était pas dans mon domaine, que j’étais clairement surdiplômé et sous-payé, j’avais trop galéré à trouver un emploi pour prendre le moins risque.
De toute façon, gardien de nuit dans un gros magasin de meubles, ça ne devrait pas être compliqué. La description de mon poste était simple : m’installer devant les écrans de sécurité pour vérifier ce que captaient les caméras et ne pas m’endormir. Pour cette deuxième consigne, j’avais peur de ne pas y arriver pour cette première nuit. J’avais voulu faire une sieste mais l’angoisse m’avait empêché de fermer l’œil. J’avais donc cherché toutes les astuces possibles et avais pris avec moi : des en-cas légers mais nourrissants, des boissons énergisantes, mes écouteurs et une playlist techno.
Les trois premières heures se passèrent sans encombre. Mais alors que minuit approchait, je crus voir quelque chose bouger au rayon enfants. Je fixais mon attention sur l’écran, jouant à un jeu des sept différences avec ma mémoire : cet immense ours en peluche était-il dans cette position tout à l’heure ?
Puis je me repris. Il ne se passait rien depuis trois heures, tout était fermé à clé, c’est sûr qu’il n’y avait personne dans les rayons ! Il était normal que toutes ces choses ne me soient pas encore familières et que j’ai l’impression qu’elles n’étaient pas dans cette position quelques minutes plus tôt. Je secouais la tête et me penchais pour attraper dans mon sac ma première boisson énergisante de la soirée. J’ouvris la canette et la portais à ma bouche quand je me figeais.
Dans le rayon cuisine, les poêles, accrochées en hauteur, se balançaient. Je jetais un œil au rayon enfant. L’immense nounours avait disparu ! Qu’est-ce que c’était que ce bazar ?
Est-ce qu’il y avait un intrus ? Ou est-ce que des employés me faisaient une blague, un genre de bizutage ? Je n’avais pas rencontré les collègues de jour, mais peut-être y avait-il parmis eux des petits rigolos ? Je me concentrais sur les caméras mais je ne savais quel chemin il ou elle (ou étaient-ils plusieurs ?) avait pris.
Pendant plusieurs minutes, je ne vis plus rien. Puis quelqu’un frappa à la porte. J’eus l’impression de sursauter jusqu’au plafond ! Quelle frayeur ! Il y avait donc quelqu’un. Et cette personne connaissait les locaux du personnel. Je me dirigeais vers la porte et l’ouvrit. Il n’y avait personne.
— Haha, très drôle !
Je me dirigeais vers la droite et longeais le couloir jusqu’à l’intersection. Là un énorme ours en peluche m’attendait avachi contre un mur, un couteau à côté de lui. C’était donc une blague. Hors de question de ranger à leur place.
Je me retournais quand j’entendis un bruit. Je fis de nouveau volte-face et la dernière chose que je vis fut un éclair de lumière sur la lame d’un couteau tenu par une patte en peluche.


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