Pendant tout le mois d’Octobre, je réalise un exercice d’écriture (pioché dans le livre Écrire, un plaisir à la portée de tous, de Faly Stachak aux éditions Eyrolles) par jour en suivant les thèmes d’Inktober et en gardant une ambiance fantastique – horreur. La règle principale : 20 minutes d’écriture et 10 minutes de correction.
Jour 22 : Camp
Exercice : écrire compte-rendu de rêve
Je rentre dans le camp. Il fait nuit. Les petites cabanes en bois sont vides. Je le sais même si je ne vois pas à l’intérieur. Il n’y a pas de vent, le drapeau que nous avions dessiné est en berne. Le grand feu central est éteint. Aucune lumière n’éclaire les fenêtres de la maison centrale. Je suis seule.
J’entends un chant murmuré. J’ai l’impression qu’il a toujours été là mais que je ne l’entends que parce que j’y fais attention. Il est autour de moi mais aussi à l’intérieur. Dans mes rêves, c’est un chant familier dans mes rêves. J’en ai oublié les paroles au réveil.
Je me laisse diriger vers le lac. Je prends le chemin entre les pins, celui que nous avions tous parcourus des dizaines de fois pendant l’été. La lune éclaire tout, j’ai l’impression de distinguer chaque épine de pin au sol. Il n’y a pas d’oiseaux ou de sauterelles, juste le murmure qui continue.
J’arrive devant les canoés et continue sur la plage de cailloux qui entoure le lac. Je sais que c’est un rêve car je n’ai pas mal aux pieds alors qu’ils sont nus. Il y a quelque chose qui brille au sol, des minuscules paillettes entre les graviers qui créent comme une brume argentée au sol. Je me dirige vers le ponton.
Quelque chose en moi reconnait la scène et tente de m’arrêter. Je sens une montée d’angoisse. Mais le rêve, ou peut-être le chant qui m’envoûte, est plus fort et je continue. J’entends mes pas qui résonnent beaucoup trop fort sur le bois. Des ondes apparaissent autour du ponton. Je lève la tête et regarde les étoiles. Je me rends compte que je pleure, je ne sais pas depuis quand, je ne sais plus pourquoi.
Je m’assoie sur le bord du ponton, mes orteils frôlent l’eau sans la toucher. Une fleur, puis plusieurs autres, apparaissent sous mes pieds. Elles ne remontent pas du fond, elles poussent directement sous l’eau, à quelques centimètres de la surface. Des roses et des pivoines plus grosses que mon poing. Elles sont rouges, même si l’eau du lac les font paraître plus sombres.
Je me penche en avant pour mieux voir. Mes cheveux tombent de chaque côté de mon visage et ça me semble normal même si je ne porte plus les cheveux longs depuis 15 ans. Quelque chose vient du fond, quelque chose de blanc. La voix se fait plus forte, la chose se rapproche.
Mais je me réveille toujours, effrayée, avant que ça n’arrive à la surface. Car ça y est, je me souviens. C’est toi qui tente de remonter et qui n’y est jamais arrivé.


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