Pendant tout le mois d’Octobre, je réalise un exercice d’écriture (pioché dans le livre Écrire, un plaisir à la portée de tous, de Faly Stachak aux éditions Eyrolles) par jour en suivant les thèmes d’Inktober et en gardant une ambiance fantastique – horreur. La règle principale : 20 minutes d’écriture et 10 minutes de correction.
Jour 20 : inexplorer
Exercice : découvrir un secret de famille
Esther avait enterré son grand-père quelques jours plus tôt et il était maintenant temps de vider sa maison. Ses parents et ses oncles et tantes étaient déjà passées récupérer tout ce qui était sur l’héritage ou avait une valeur sentimentale. Il ne restait plus que des affaires, des objets sans âme accumulés le long d’une vie bien remplie.
Esther s’était proposée pour cette tâche, non pas pour faire son deuil plus facilement comme elle l’avait indiqué à ses parents, mais parce que son grand-père lui avait confié une mission sur son lit de mort. Il lui avait donné des indications précises, une clé et un code. Elle avait eu du mal à y croire : son papi gâteau avait un secret. Elle tentait de conserver son calme depuis l’enterrement, attendant plus ou moins patiemment que la voie soit libre.
Après s’être assurée que la porte d’entrée était bien verrouillée, Esther descendit à la cave. Elle tira sur le cordon qui allumait l’unique ampoule. L’endroit était poussiéreux et quelques vieux outils cassés traînaient au sol. La jeune femme les enjamba pour atteindre le mur opposé couvert d’étagères en bois vermoulu. Personne ne l’avait jamais remarqué mais maintenant qu’elle savait, ça lui semblait évident : cette cave était trop petite par rapport à la surface du rez-de-chaussée. Elle regarda sous la troisième étagère et, comme son grand-père lui avait annoncé, elle trouva un petit trou de serrure. Elle y inséra la mystérieuse clé et tourna jusqu’à entendre un « clic ». Une porte, invisible dans la pénombre de la cave, s’ouvrit en grinçant. Elle poussa la porte pour l’ouvrir en grand et entra dans la petite salle.
Il n’y avait pas grand chose et pas beaucoup de lumière. Sur un porte-manteau était pendu un genre de longue robe noire que la jeune femme avait promis de brûler. Et contre le vrai mur du fond, un coffre en bois munit d’un cadenas à chiffres. Elle se pencha et entra le code que lui avait donné son grand-père. Elle prit plusieurs respirations avant d’ouvrir, repensant à ce qu’il lui avait dit à l’hôpital, de lui pardonner ses erreurs de jeunesse.
Esther ouvrit le coffre. Sur un linge noir était disposé un masque blanc au visage grimaçant et un long couteau de chasse à la lame brillante. Elle les caressa et sentit un délicieux frisson lui parcourir le dos. Elle sourit et murmura.
— Oh Grandpa… Si tu savais…


Laisser un commentaire