Pendant tout le mois d’Octobre, je réalise un exercice d’écriture (pioché dans le livre Écrire, un plaisir à la portée de tous, de Faly Stachak aux éditions Eyrolles) par jour en suivant les thèmes d’Inktober et en gardant une ambiance fantastique – horreur. La règle principale : 20 minutes d’écriture et 10 minutes de correction.
Jour 14 : Errer
Exercice : écrire du point de vue d’un enfant dans le noir
Encore engourdi dans les brumes du sommeil, Arthur se demanda ce qui l’avait réveillé. Il faisait si noir qu’il ne voyait rien. Il tendit l’oreille. Boum ! Le jeune garçon retint sa respiration, qu’est-ce que c’était que ça ? Il compta tout bas jusqu’à 10, puis jusqu’à 20 et à 23 Boum ! Le bruit recommença !
Il serra son doudou entre ses bras. Il aurait voulu réveillé sa maman mais c’était la première fois qu’il dormait seul dans leur nouvelle maison. Papa avait dit qu’il était un grand garçon et que les grands garçons avaient leur propre chambre, surtout maintenant qu’ils avaient déménagés dans une grande maison. Il avait été très excité d’avoir une pièce rien qu’à lui. Il avait installé tous ses circuits de voiture et construit une ville entière en Lego. Mais maintenant qu’il était seul dans le noir, il voulait retrouver sa chambre d’avant où il dormait avec ses parents.
Ses yeux s’étaient habitués à la pénombre et Arthur décida de se lever. Dans le noir, ses jouets préférés devenaient des formes étranges et terrifiantes. Il avait les larmes aux yeux et serrait fort son doudou dans ses bras. Le petit garçon frôla sa tour de briques et retint son souffle en la sentant osciller. Elle ne tomba pas.
Il ouvrit doucement sa porte et regarda dans le couloir. Aucune lumière n’était allumée et aucune fenêtre ne perçait les murs. La seule lueur de la lune provenait du rez-de-chaussée par la cage d’escalier. Arthur eut l’impression que le couloir était immense, qu’il s’étendait à l’infini. Heureusement, la chambre de ses parents était juste en face, de l’autre côté du couloir. Deux pas et il y serait. Il les fit presque en sautant, effrayé que quelque chose puisse l’attraper et entra rapidement dans la chambre parentale. Il s’approcha du lit, trébucha sur des vêtements laissés par terre puis se rendit compte que le lit était vide ! Le petit garçon avait envie de pleurer. Où étaient-ils ?
Le bruit n’avait pas retentit depuis un moment. D’ailleurs, Arthur l’avait complètement oublié. Il était maintenant obnubilé par une seule idée : où étaient Papa et Maman ? Dans leur chambre, un mur entier était recouvert de placards. C’était autant de cachettes pour un monstre. Il ressortit précipitamment.
Dans le couloir, on entendait le souffle de vent qui s’insinuait dans la maison, comme si elle respirait. Il s’avança vers la porte de la salle de bain, sa main frôlant le mur pour se rassurer. Il ouvrit la porte. La pièce était sombre, sans fenêtres. Le garçon décida que ses parents n’étaient pas là sinon la lumière serait allumée. Il referma vite la porte et sursauta en entendant une goutte d’eau s’écraser dans la baignoire. Il avait les larmes aux yeux et serra encore plus fort son doudou de son bras droit tandis que le gauche se tendait vers le mur.
La prochaine pièce était la buanderie. Il était hors de question qu’il entre dedans. Les bruits des machines étaient effrayants la journée, imaginer les entendre la nuit lui donnait envie de faire pipi. Il se retrouva en haut de l’escalier. Il se rendit compte qu’il entendait des chuchotements en bas. C’était très faible, il ne comprenait pas ce qui se disait mais il y avait quelqu’un. Maman ? Papa ? Il faisait tellement sombre… Il s’assit sur les marches et les descendit une à une sur les fesses. Arrivé en bas, il n’arrivait plus à bouger. Et si c’était un voleur ? Ou pire, un fantôme ?
C’est alors que les portes du salon s’ouvrirent. Une silhouette en sortit, essoufflée. Elle avançait lentement. Elle cria en apercevant Arthur.
— Arthur ! Mais qu’est-ce que tu fais là ?
Maman prit Arthur dans ses bras et le raccompagna jusqu’à sa chambre.
— Qu’est-ce que tu faisais dans le salon ? Papa est avec toi ?
Maman hésita une seconde avant de répondre.
— On faisait de la place pour que le Père Noël puisse déposer les cadeaux.
À demi-somnolant, le petit garçon demanda si ils avaient bien pensé à éteindre la cheminée. Maman le rassura et le remit dans son lit où il s’endormit presque aussitôt.


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