Pendant tout le mois d’Octobre, je réalise un exercice d’écriture (pioché dans le livre Écrire, un plaisir à la portée de tous, de Faly Stachak aux éditions Eyrolles) par jour en suivant les thèmes d’Inktober et en gardant une ambiance fantastique – horreur. La règle principale : 20 minutes d’écriture et 10 minutes de correction.
Jour 4 : Exotique
Exercice : écrire pendant 10 minutes en écriture automatique (exceptionnellement, je n’ai fait aucune relecture de ce texte afin de conserver le principe de l’instantané)
L’exotique était un lieu hors du commun et hors du temps. Quand vous y entriez, si vous entriez, car encore fallait-il trouver l’entrée, et que l’entrée vous accepte, vous tombiez sur des murs entièrement recouverts de tapisseries représentant une forêt tropicale au bord de l’eau. Vous pouviez observer des perroquets bleus tranquillement installés sur des branches, des lianes flottant au vent, d’immenses fleurs aux couleurs chatoyantes. Un coup d’œil à la salle, où au serveur, et vous découvriez que le perroquet avait disparu. Pouf ! Changé de place !
Le lieu pouvait faire office de café, de restaurant ou de lieu d’échanges discrets selon ce dont vous aviez besoin. Il est impossible que vous y trouviez deux fois le même mobilier ou le même personnel. Seuls les murs ne changent pas, d’où le nom du lieu. L’exotique. Un mot qui vous emmène en voyage, qui vous fait espérer des jours meilleurs, plus beaux, savoureux comme des mangues juteuses. Adieu la grisailles, les ennuis et la tristesse, bienvenue à l’Exotique !
Ce que j’aime par dessus tout dans ce lieu, ce sont les fauteuils. Ils sont toujours confortables. J’ai une préférence pour les fauteuils en velours vert tout ronds croisés il y a quelques semaines. Hier c’était un rocking-chair. Comme je cherchais à me reposer, et non pas à manger ou à discuter, c’était parfait. Une musique jazz embrumait mes sens, elle semblait sortir des murs, comme si elle était le bruit véritable que produisait la nature dessinée sur les tapisseries.
Il me semble que je n’y suis jamais seul. Il y a toujours quelqu’un avec moi. Bien que ce ne soit pas voulu de ma part, je ne parviens jamais à rester plus longtemps que n’importe qui d’autre et j’arrive toujours à l’heure où quelqu’un est déjà là. Je n’ai jamais essayé de dormir sur place, je me demande si c’est possible. Les banquettes et les tables se transforment-elles en lits confortables ?
L’exotique est une ode aux délices. On y mange toujours bien, on y boit à profusion et pourtant il n’y a jamais de lendemain qui déchante, jamais d’indigestion, jamais de mal de tête. Oh Exotique, si seulement je pouvais venir plus souvent !


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