Pendant tout le mois d’Octobre, je réalise un exercice d’écriture (pioché dans le livre Écrire, un plaisir à la portée de tous, de Faly Stachak aux éditions Eyrolles) par jour en suivant les thèmes d’Inktober et en gardant une ambiance fantastique – horreur. La règle principale : 20 minutes d’écriture et 10 minutes de correction.
Jour 2 : Discover / Découvrir
Exercice : Utiliser notre imagination d’enfant en écrivant un texte au conditionnel
Après nous être équipés, nous descendrions la pente de ce souterrain, peut-être pendant une heure. Nous entrerions dans une salle souterraine dont les hauteurs se perdraient dans la pénombre. À la lumière de nos torches, nous nous dirigerions vers le centre de la salle en contournant des statues aux formes animales et aux détails effacés par le temps. Nos pas résonneraient, nous serions nerveux.
Nous apercevrions, posé sur un piédestal, un gros cailloux. D’un geste aussi fou que courageux, tu toucherais la roche, laissant une trace de doigt dans la poussière. En-dessous, un éclat d’un rouge sombre apparaîtrait. Les flammes des torches rebondiraient sur la pierre et créeraient des taches couleur sang sur les murs de la caverne. Alors nous frotterions avec nos manches la saleté, mélange de fine poussière et de scories accumulées avec le temps, pour révéler la surface d’un immense joyau. La lumière, étrange car nous aurions posés nos torches par terre, jouerait avec les ombres, créant un spectacle effrayant auquel nous ne prêterions pas attention.
Nous serions excités de notre découverte. Notre fortune serait faite ! Nous emballerions le joyau dans un de nos sacs, riant comme des enfants. Quelle surprise ! Quelle merveille ! Mais alors que nous repartirions, le sac deviendrait de plus en plus lourd. Je ne pourrais plus avancé et tu me prendrais le sac pour continuer. Mais quelques pas plus tard, ce serait à tour d’être immobilisé par son poids. Aucun de nous ne serait plus capable de le soulever. Nous arriverions à le traîner sur un mètre encore avant qu’il soit tout à fait impossible de le bouger.
Tu proposerais d’aller chercher des outils, une corde, un diable, quelque chose, mais je te répondrai que ce qui se passe n’est pas normal, qu’il y a de la magie dans l’air et que nous devrions nous en aller tant que nous le pouvons. C’est alors que nous entendrions des raclements graves, profonds. Comme des pierres qui frottent les unes contre les autres. Des roulis et des crissements qui se rapprocheraient. Des ombres immenses, difformes, apparaîtraient sur les parois. Puis nous verrions émerger des silhouettes indistinctes. Et toujours ce bruit horripilant, de plus en plus fort. Ce serait les statues, aperçues dans la salle quelques minutes plus tôt. Elles auraient pris vie et nous aurez suivies !
Nous nous éloignerions à reculons, un œil fixé sur les créatures, trébuchant dans la montée. Puis nous nous apercevrions que les êtres de pierre se seraient arrêtés à côté du sac. Ils soulèveraient le joyau sans difficulté, déchirant le sac pour le récupérer, et le ramèneraient dans la salle, sans un regard de plus vers nous. Alors, soulagés bien que déçus d’avoir perdus un tel trésor, nous reprendrions notre ascension pour retourner à la surface. Nous atteindrions l’entrée et en voulant sentir les rayons du soleil sur notre peau, nous demandant déjà si tout ceci était un rêve, nous découvririons qu’il nous est impossible de sortir. Nous échangerions un regard et nous rendrions compte que nous nous transformons en statues de pierre. Nous serions coincés là, peut-être pour l’éternité, obligés d’obéir à une puissance supérieure et de garder ce joyau contre ses prochains visiteurs.
Donc non, Michel, je n’irais pas dans cette cave mystérieuse avec toi !


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