Pendant tout le mois d’Octobre, je réalise un exercice d’écriture (pioché dans le livre Écrire, un plaisir à la portée de tous, de Faly Stachak aux éditions Eyrolles) par jour en suivant les thèmes d’Inktober et en gardant une ambiance fantastique – horreur. La règle principale : 20 minutes d’écriture et 10 minutes de correction.
Jour 1 : Backpack – Sac à dos
Exercice : Inventaire de vos poches ou de votre sac (travail de description et de narration)
J’ouvris mon sac et le vidai complètement sur la table. Mes biens les plus précieux rebondirent sur le bois vermoulu, le métal s’entrechoquant dans un bruit clair. Je secouai une dernière fois ma banane, que je portais habituellement bien serrée contre ma poitrine. Quelques miettes de biscuit tombèrent doucement. Je regardai mon bazar. Je me sentais vulnérable de ne plus sentir son poids contre moi. Je me retroussai les manches. C’était l’heure du grand nettoyage.
Je commençai par mon ouvre-boite. Il était en acier inoxydable mais je vérifiai néanmoins qu’aucune saleté ne traînait et que la « lame » était toujours affûtée. Il était l’un de mes plus anciens compagnons. J’avais aussi appris à l’utiliser pour décapsuler des bouteilles, ce qui était toujours pratique pour les soirs de solitude.
Un bruit me fit sursauter. Quelque chose avait cogné contre les planches qui barricadaient la fenêtre. Je m’approchai furtivement, attrapant ma batte au passage. Une partie de mon cerveau nota qu’elle collait sous mes doigts tandis que tout le reste de mon être se focalisai sur la fenêtre. Le bruit retentit de nouveau, les muscles de mes épaules se crispèrent avant que je comprenne. Je laissai échapper un petit rire. C’était la branche d’un arbre secouée par le vent. Je retournai à ma tâche.
J’attrapai mon poing américain en fronçant les sourcils. C’était Dolores qui me l’avait offert et elle m’aurait attrapé par l’oreille si elle avait vu son état. Du sang séché ternissait l’acier dans les interstices. J’étais négligente depuis qu’elle… Je me levai d’un coup à la recherche de la brosse à dent qu’elle utilisait toujours pour l’astiquer. Le sang séché était la pire chose à nettoyer, il fallait beaucoup d’effort pour très peu de résultats. Avec la cervelle séchée, on avait au moins la satisfaction de la voir partir par gros morceaux. Ma petite technique personnelle était d’utiliser du sable pour accentuer l’effet grattant de la brosse à dent sur les tâches de sang.
Après qu’il eut retrouvé un état satisfaisant, je me penchai sur ma hachette. La lame avait perdu un éclat, sûrement resté dans un crâne. Je soupirai. Si elle me lâchait, ça allait devenir encore plus difficile. Je passai rapidement mon pouce sur la lame pour évaluer son aiguisage. Suffisant pour ne pas avoir à s’en occuper pour le moment.
Je grattai rapidement la terre séchée sur mes piolets et déroulai ma corde. Trois mètres de polyester et deux mousquetons, en assez bon état pour que je ne risque pas ma vie en les utilisant. J’enroulai le tout et attrapai ma trousse de soin. Je l’ouvris en soupirant, sachant déjà ce que j’allais y trouver : un rouleau de bandage, 2 compresses stériles encore emballées et un fond de sérum physiologique. Autant dire plus grand chose. Ma survie allait vraiment dépendre de mes défenses immunitaires et de mon habilité à éviter les blessures. À moins d’un coup de chance, j’aillais devoir faire avec. Ou plutôt sans. La plupart des pharmacies avaient été mises à sac il y a des années et acheter des antibiotiques au marché noir revenait à prendre le risque, au choix, de se faire arnaquer ou attaquer. Probablement les deux. De toute façon, il était hors de question que je me rapproche de ces gens. Ce serait une façon bien trop stupide de mourir.
Je rangeai tout ce que j’avais déjà inspecté dans mon sac. Les quelques babioles restantes, ma pierre de silex et ma lampe à dynamo, n’avait pas besoin de rafistolage. Je les enfournai et réinstallai mon équipement sur mon épaule avant de tracer un trait sur le mur déjà recouvert de marques. Déjà 652 jours que j’étais installée ici. L’apocalypse zombie avait commencé depuis plus longtemps. Mais j’avais survécu un jour de plus.


Laisser un commentaire